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A la rencontre de Dewis Mira a l’occasion de la sortie de son nouvel album

Rédigé le Vendredi 10 Avril 2026 à 12:00 | Lu 9 fois

Rien que pour vous Dewis Mira s’est prété au jeu de l’interview pour vous parler de son nouvel album
«Ars Moriendi» (L’Art de mourir).


Mouv’in : «Votre nouvel album s’appelle Ars Moriendi (L’Art de mourir). C’est un titre qui interpelle ! Pourriez-vous nous expliquer ce qu’il signifie pour vous et pourquoi ce thème vous tient à cœur ?
Dewis Mira : Il s’agit d’une pratique spirituelle répandue notamment en Europe, et principalement entre le XVe et le XVIIe siècle. Il s’agissait de ne pas simplement se laisser surprendre par la mort et d’attendre de voir, mais au contraire de s’y préparer. Ainsi, vivre et mourir ne faisaient plus qu’un, puisque vivre était aussi se préparer à mourir dignement, humblement, sans honte. Ce fut donc la trame, le fil conducteur de ce nouvel opus. Finalement, chaque journée vécue n’est-elle pas également un jour où l’on se meurt un peu plus ? Le monde actuel semble vivre dans ce faux-semblant où la mort serait occultée, se faisant surprendre violemment un soir... Notre éphémérité ne serait-elle pas finalement l’occasion d’apprécier la vie, la puissance de l’instant ? Vivre en tenant compte de la trace que nous souhaitons laisser n’amène-t-il pas à davantage de virtuosité, de sagesse, de conscience ? Autant de sujets que je confronte ici au discours dit 
« moderne».

Mouv’in : Votre musique va à contre-courant de la consommation rapide. Est-ce une invitation à prendre un vrai moment pour soi ?
Dewis Mira : Je pense que toute belle chose demande du temps, de l’attention. Qu’il s’agisse d’une expérience, d’amour, de travail, de création ou de quelconque aspect de nos existences. C’est un peu la dualité quantité versus qualité. En ce qui me concerne, il n’y a pas photo ! Cette société du spectacle (réf. à Guy Debord), du rendement, de la superficialité, de la manipulation au service du capitalisme et du pouvoir, nous vole notre humanité dans une quasi-indifférence générale ! Quand même l’art est touché au plus profond, c’est un signe significatif qu’il ne faut pas ignorer. Je tente ici de ramener du sens au propos, de la profondeur. Chaque titre du disque est une pièce avec son propre développement, et qui cependant est une pièce fondamentale de l’œuvre finale. Tout est pensé pour créer une réelle expérience, un voyage intérieur, qui bien sûr ne s’offre qu’à celles et ceux qui prendront le temps de s’y attarder dans un moment unique : celui que l’on prend pour soi.
Mouv’in : On sent un amour profond des mots. Comment naît une chanson ?
Dewis Mira : Effectivement, les mots sont prépondérants dans mes créations, et c’est de plus en plus le cas. Quand le bavardage cesse et que les mots véritables cherchent à traduire ce que ressent l’âme humaine, la magie opère et les messages passent. Concernant ma créativité, j’essaie surtout de ne pas tomber dans le piège d’une quelconque méthode ou habitude. Il faut se laisser surprendre, et dans le même temps, apprendre à favoriser ses moments d’inspiration. Ce que nous vivons constitue, à chaque instant de nos existences, ce que nous sommes et ce que nous deviendrons ! Il ne faut pas s’y tromper ! En ce qui me concerne, je tente, contre vents et marées, de fuir le droit chemin de la normalisation endoctrinante et réductrice, visant plutôt l’ascèse et la construction. Nature, philosophie, poésie, musique, travail manuel, culture nourrissent mon quotidien, et donc mes œuvres, loin du tumulte ambiant.

Mouv’in : L’album ne compte que sept morceaux. Un choix d’aller à l’essentiel ?
Dewis Mira : Eh bien, comme nous l’avons évoqué plus haut, il ne s’agit pas ici de formats commerciaux standardisés autour des fameuses trois minutes... Chaque œuvre constituant le disque a son propre développement, et celles-ci s’étalent souvent entre cinq et huit minutes. Nous avons donc un album dont la durée totale est de 45 minutes, ce qui fait donc, au final, une création assez longue en réalité. Et puis, avec ces sept titres, il se formait comme une évidence : ils constituaient une substance idéale pour remettre en lumière cette fabuleuse tradition ancestrale de l’Ars Moriendi.

Mouv’in : Votre single Le Signal est très rythmé. Retrouve-t-on cette énergie sur scène ?
Dewis Mira : Cela dépend des tournées, je suppose. Pour la tournée à venir, il s’agira plutôt de concerts intimistes. Un concept de concerts littéraires, présentant les titres tels qu’ils ont été composés à l’origine, ainsi que des lectures de poèmes tirés d’un recueil qui est sur la planche, et qui devrait finir par sortir d’ici quelque temps. Je souhaite ici quelque chose d’authentique, proche du public, créer une connexion dans son plus simple appareil.
Mouv’in : Vivre & mourir chaque jour » semble central. Qu’est-ce qui vous pousse à créer ?
Dewis Mira : Pour commencer, je dirais que le mot « matin » est très intéressant ici. 
Durant les six années de création de ce disque, j’ai vécu et travaillé la nuit ! Hors du temps, de l’époque, des contraintes et du bruit. Une quasi-retraite, continuant à guetter depuis ce pas de côté nécessaire. Ce qui me pousse vers cette force créatrice n’est peut-être pas aisé à décrire à ceux qui ne sont pas dans la créativité. Je dirais qu’il s’agit d’une force, d’une mission, quelque chose de plus grand que moi qui me pousse à créer malgré tout. Les idées fusent, le regard s’affûte, créer comme respirer en espérant que les messages passent, qu’ils résonnent au creux des mondes intérieurs de certaines âmes.

Mouv’in : Vous êtes un artiste du Sud de la France. Est-ce que notre région, ses paysages ou son ambiance influencent votre façon d’écrire ou de composer ?
Dewis Mira : Très probablement d’une façon ou d’une autre. Nous sommes notamment le fruit de nos expériences. Je suis né à Manosque et j’ai toujours vécu dans le département, à quelques échappées près, bien qu’ayant pas mal bourlingué par ailleurs. Je ne me restreins à rien : les paysages, une effluve, une ombre, une actualité, une rencontre, la société, tout peut être déclencheur de créativité. 

Mouv’in : En trois mots, comment décririez-vous l’ambiance de cet album à quelqu’un qui ne vous a jamais écouté ?
Dewis Mira : Beauté, sombre, émotion.

Mouv’in : Votre moment préféré de la journée pour écrire ?

Dewis Mira : La nuit, sans aucune hésitation. Me voici tel le gardien des clés. Mes contemporains renoncent enfin, je peux donc m’éveiller, prendre soin, vivre, créer. »

Ecouter l’album : 
 https://www.fanbase.to/vMpYT5iu
Site Dewis Mira : https://dewismira.webador.fr
Boutique : https://payhip.com/dewismira
Facebook : Dewis Mira
Youtube : https://www.youtube.com/@dewismira

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Sophie GUIOU

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